L’IATA revoit ses prévisions de profit à la baisse

Comme il fallait s’y attendre, l’Association du transport aérien international (IATA) a revu ses prévisions de bénéfices à la baisse pour l’année en cours. Alors que les analystes de Genève prévoyaient un profit pour 2011 de 9,1 milliards d’USD, puis de 8,6 milliards, le chiffre annoncé aujourd’hui est de 4 milliards. Soit moins d’un quart que ce qui a été réalisé en 2010 : 18 milliards d’USD (chiffre définitif du rapport annuel, en hausse par rapport aux 16 milliards qui avaient été prévus).

Ce qui est inquiétant est que le chiffre d’affaires global des 230 compagnies membres devrait se situer à un peu moins de 600 milliards, ce qui signifie que la marge bénéficiaire ne serait que de 0,7%, ce qui est totalement insuffisant pour faire face aux investissements et surtout pour affronter de nouveaux chocs. Or, comme on le sait, le début d’année a été riche en événements de nature à handicaper le transport aérien : conditions climatiques, révoltes arabes, tremblement de terre et tsunami au Japon, par exemple.

Dans son allocution à l’ouverture de l’assemblée générale de l’IATA, à Singapour, son directeur général Giovanni Bisignani n’y est pas allé par quatre chemins. Il a même qualifié de  » pathétique  » les 3,2% de marge enregistrés l’an dernier et a rappelé la nature fragile d’une industrie qui réalise un chiffre d’affaires de quelque 600 milliards d’USD. Et ceci en dépit de tous les efforts de restructuration qui ont été accomplis jusqu’ici :  » Il y a dix ans, il fallait que le prix du baril soit inférieur à 25 USD pour que nous puissions atteindre l’équilibre ; cette année, il a déjà dépassé les 120 USD.  » Le problème est que la moyenne de calcul pour les prévisions 2011 situe le baril à 110 USD, mais qu’il est de plus en plus ardu de continuer à se serrer la ceinture. Chaque dollar en plus dans le prix du fuel rajoute une facture de 1,6 milliard d’USD au transport aérien régulier mondial.

Or, expliquent les analystes de l’IATA, la fausse du prix du carburant entraîne un autre effet : le ralentissement de la demande, surtout de la clientèle touristique, très sensible aux augmentations tarifaires, y compris celles dues à d’autres phénomènes, telles les augmentations de taxes diverses, comme, depuis un an, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche ou en Inde :  » Il serait temps que nous rédigions à l’intention de ces pays et à l’Union européenne en général (avec son projet de taxes sur les émissions de carbone) un livre intitulé ‘’L’importance de l’aérien pour l’économie mondiale… pour les nuls’’ pour qu’ils  cessent de prendre l’aérien pour la poule aux œufs d’or « , s’est indigné Bisignani.

Depuis le début de l’année, le trafic de loisirs a chuté de 3 à 4%, dit-on à l’IATA. Heureusement, grâce à la hausse de la clientèle d’affaires, le transport de passagers pourrait connaître celle année une hausse de 4,4%, laquelle est tout de même inférieure aux 5,6% prévus jusqu’ici. Dans la foulée, Bisignani a rappelé qu’au lieu de chercher à taxer davantage les compagnies, l’Europe serait mieux inspirée en unifiant son espace aérien :  » N’est-il pas étonnant de constater qu’en Afrique, l’Asecna à elle seule gère un espace aérien 1,5 fois plus grand que celui de l’Europe en se chargeant de la navigation aérienne de pas moins de 17 pays ?  »

Cela dit, il ne faut pas s’imaginer que les 230 compagnies membres de l’IATA parlent d’une seule et même voix. Pour la première fois, on a constaté à Singapour une tension très vive entre les transporteurs aériens du monde et ceux du Golfe en particulier. A telle enseigne que James Hogan, CEO de Qatar Airways, est allé jusqu’à refuser de voter le bilan financier de l’Association, critiquant en particulier les frais de fonctionnement. Du jamais vu dans cette assemblée de gentlemen où tout se règle par consensus préalable et avec un rituel convenu. Bisignani l’a reconnu et conseillé en guise de discours d’adieu aux membres – il cède le flambeau de directeur général à Tony Tyler de Cathay Pacific – de trouver des solutions au sein de l’IATA au plus vite.

source – l’écho – AFP

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