Standard & Poor’s envisage de diminuer la note des Etats-unis

Standard & Poor‘s a annoncé lundi qu’elle abaissait la perspective des Etats-Unis de stable à négative, jugeant qu’il existe un risque que les responsables politiques ne parviennent pas à s’entendre à temps sur les méthodes à adopter pour réduire un déficit budgétaire béant.

L’agence de notation, qui maintient sa note souveraine à long terme à AAA, ajoute que cette décision sur la perspective implique qu’il existe au moins une probabilité d’un tiers qu’elle abaisse sa note à long terme sur les Etats-Unis dans les deux ans.

S&P estime que les autorités n’ont pas clairement montré comment elles entendaient s’attaquer aux difficultés budgétaires sur le long terme.

« Dans la mesure où les USA ont à notre avis, par comparaison avec leurs pairs notés AAA, un très important déficit budgétaire et un endettement public croissant et parce que les méthodes pour y faire face sont floues, nous avons révisé notre perspective sur la note à long terme de stable à négative », explique-t-elle dans un communiqué.

Sa concurrente Moody’s Investors Service s’est contenté de dire que le débat en cours sur le budget était positif, même si son issue reste incertaine.

Les marchés boursiers en Europe et aux Etats-Unis ont réagi par un repli généralisé à cette annonce, tout comme le marché obligataire américain mais dans une moindre mesure, tandis que l’or a atteint un record et que le dollar a réduit ses gains contre l’euro.

« FACE À LA RÉALITÉ »

Nout Wellink, membre du Conseil des Gouverneurs de la Banque centrale européenne, s’est dit surpris par la décision de S&P, jugeant que les Etats-unis restent une économie forte, dont la situation reste enviable pour bien d’autres pays notés AAA.

Une telle annonce ne peut qu’augmenter la pression sur le gouvernement et le Congrès qui doivent encore s’entendre sur un plan d’action pour réduire un déficit de près de 1.500 milliards de dollars, représentant 9,8% du PIB environ.

Elle est aussi susceptible de renchérir le coût du service de la dette, pesant d’autant sur le dollar et ne facilitant pas la tâche de réduction du déficit.

Un déclassement de la note AAA pourrait aussi provoquer une montée en flèche des taux du crédit immobilier et restreindre l’accès au crédit sur l’ensemble du territoire, mettant en péril le redressement des Etats-Unis après avoir subi la pire récession de l’Après-Guerre.

« La décision de S&P vient de confronter brutalement la situation de la dette américaine à la réalité », commente John Kilduff (Again Capital). « Seuls les métaux précieux paraîtront attrayants dans la perspective de ce déclassement de perspective ».

La dette publique représente plus de 60% du PIB, conséquence de la crise financière de 2007-2009, et on s’attend à ce que ce pourcentage augmente encore.

LA MAISON BLANCHE PRÉVENUE DÈS VENDREDI

L’administration Obama a annoncé la semaine passée un programme de réduction du déficit budgétaire de 4.000 milliards de dollars sur les 12 années à venir, essentiellement en réduisant les dépenses et en taxant les riches. (Les USA pensent revendre une part significative de participation qui lui reste dans le capital de Genaral Motors)

La Maison blanche a réagi en assurant que le débat politique américain saurait dépasser les attentes de l’agence de notation, soulignant que les démocrates et les républicains s’étaient entendus sur l’objectif des 4.000 milliards.

Le porte-parole de la Maison blanche, Jay Carney, a également indiqué que la présidence américaine avait été informée dès vendredi des intentions de S&P, et appelé le Congrès à approuver un relèvement du plafond de la dette, qui risque d’être rapidement atteint.

« Nous pensons que la perspective négative de S&P sous-estime la capacité des dirigeants de l’Amérique à s’entendre pour traiter les difficiles défis budgétaires auxquels le pays fait face », a déclaré de son côté Mary Miller, secrétaire adjointe au Trésor chargée des marchés financiers.

Elle a ajouté que l’économie des Etats-Unis se consolidait à mesure qu’elle émergeait de la récession.

La chef de file du groupe démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déclaré que la décision de S&P démontrait la nécessité de voir les deux partis politiques « faire preuve de responsabilité partagée et d’engagement à réduire le déficit ».

« Les démocrates de la Chambre participeront avec enthousiasme à ces débats cruciaux, en s’engageant totalement à faire croître l’économie par des créations d’emplois, le renforcement des classes moyennes et la réduction responsable du déficit », a-t-elle dit dans un communiqué.

L’élu républicain de plus haut rang au sein de la commission sénatoriale des banques, Richard Shelby, a en revanche estimé que la décision de S&P témoignait de la nécessité de mener des coupes budgétaires plus fermes.

« Cet avis prouve que les marchés nous observent, pendant que les démocrates continuent leur jeu politicien et que les républicains proposent les vraies réductions budgétaires nécessaires pour sauver notre pays de la destruction financière », a-t-il fait savoir par l’intermédiaire de son porte-parole.

source : Reuters

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